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09 juin 2008
UN PROJET DE LOI...
Yolande BOYER, sénatrice du Finistère, présente un projet de loi visant à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes de prises d’otages.
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Mesdames, Messieurs,
Les prises d’otages constituent une menace grandissante. Dans les
années 1970 et 1980, elles avaient essentiellement un but politique et étaient, la plupart du temps, en relation avec un conflit national ou un mouvement révolutionnaire armé. Depuis la fin des années 1980, la déstabilisation d’un grand nombre de pays s’est accompagnée du développement des organisations criminelles et de la multiplication des crises ou des guerres internes à des États affaiblis. Au total, ces évolutions ont eu un impact considérable sur l’évolution du nombre et des
caractéristiques des prises d’otages : elles représentent désormais plus de 15 % des actes du terrorisme international et les motivations des preneurs d’otages se rattachent de plus en plus au crime organisé. Ainsi, dans certains pays s’est développé un véritable commerce des otages occidentaux : les membres des organisations non gouvernementales et les salariés des grandes entreprises en sont les victimes principales, mais les journalistes et les touristes sont plus que jamais exposés à ce risque.
L’ampleur de ce phénomène de violence mondialisée justifie
aujourd’hui une réaction des pouvoirs publics. Au plan international diverses conventions traitent des prises d’otages à travers la lutte contre le terrorisme. Plus spécifiquement, la communauté internationale,« gravement préoccupée par ce délit », a conclu le 17 décembre 1979 à New York la Convention internationale contre la prise d’otages, la France ayant ratifié ce dispositif le 9 juin 2000.
Cependant, en droit interne, le cadre juridique classique de la
« séquestration » ou de la détention arbitraire ne permet plus de répondre efficacement aux préoccupations des victimes. Notre code pénal distingue, en effet, deux régimes applicables aux séquestrations selon qu’elles se rattachent à une entreprise terroriste ou non. Or l’imbrication entre la criminalité et le terrorisme rend parfois difficile le choix entre ces deux
options. Très concrètement, ces mécanismes risquent de faire supporter aux victimes non seulement leur préjudice matériel mais aussi les désillusions de la procédure et le sentiment d’une reconnaissance insuffisante de leur traumatisme.
L’atteinte majeure aux droits de l’homme et la souffrance
qu’entraîne la séquestration justifient que toute prise d’otage accompagnée de menace de mort ou de blessure relève désormais d’outils juridiques particuliers inspirés, au plan de la répression des criminels et de la protection des victimes, du dispositif applicable aux actes de terrorisme.
L’article premier de la présente proposition de loi, tout en
introduisant explicitement la notion de prise d’otage dans notre code pénal, punit de trente ans de réclusion criminelle les séquestrations accompagnées de menace de mort.
Les articles 2 et 3 consacrent, dans le code de procédure pénale et
le code des assurances, l’accès de la victime d’une prise d’otage au
mécanisme d’indemnisation assuré par l’intermédiaire du fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme.
Pour ces motifs, il vous est proposé d’approuver le texte dont la
teneur suit...
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