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07 juin 2008
INTERVIEW...
Alexane, Etudiante, prépare un Mémoire sur "LE TRAITEMENT MEDIATIQUE DE L'AFFAIRE BETANCOURT". Elle m'interroge...
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1) Pourquoi êtes-vous engagé(e) dans cette cause ?
D’abord, un peu par hasard, une manifestation de soutien au Trocadéro, à Paris, en 2004. Je me suis trouvé à 50 cm de Mélanie…La foule qui nous entourait était émue : « Tenez bon ! ». Mélanie souriait, au bord des larmes : du courage à revendre…
Alors, je me suis dis que moi, le retraité, le déjà vieux, je devais reprendre mon « sac », que la cause à défendre était de tous les temps, qu’elle était vitale, et pour Ingrid, et pour ceux qui s’engageaient dans cette lutte !
Alors j’ai créé un Comité à Sens (89) et ai obtenu que 7 municipalités votent une motion de soutien.
Je suis venu en Bretagne, définitivement, et je continue…
2) Pensez-vous que les actions menées par les différents comités de soutien, en France, sont suffisamment reprises par la presse ? Selon vous, pourquoi ?
La médiatisation est sujette à controverses : certains disent « s’il n’y avait pas une telle médiatisation, Ingrid serait libre depuis longtemps ! » « La médiatisation lui confère une valeur inestimable qui est utilisée par ses ravisseurs ». Il y a aussi le contre-coup : trop de médiatisation finit par tuer l’information. Des gens ont l’impression parfois d’être « bassinés » par le problème « Betancourt » alors que leur situation se détériore, que leurs problèmes vont en s’aggravant chaque jour (il n’y a que les politiques qui ne s’en rendent pas compte : ils vaquent à leurs petites affaires !).
Tout cela est vrai en partie, mais je peux citer des témoignages précis de personnes qui, n’ayant pas bénéficié de médiatisation, ont vécu l’enfer. Et nous n’avons pas le compte de ceux qui, disparus, ne sont jamais revenus, dans l’indifférence générale (à commencer par celle des pouvoirs publics !)
L’indifférence tue !
Je pense – nous pensons ! – que le rôle des Comités de soutien est de rappeler sans cesse l’existence du problème de la prise d’otages aux politiques qui sont les décideurs (d’où l’importance de la campagne « Citoyenne d’Honneur »), et faire en sorte que les médias se mobilisent : donner de l’ampleur au problème pour qu’il ne soit pas oublié… Nos actions sont fort modestes : néanmoins il existe à présent une réelle prise de conscience du problème de la prise d’otages dans le monde, du crime de la séquestration de personnes, quelles qu’elles soient !
Pour ma part, je poursuis mon action au niveau de l’information diffusée aux Mairies du Finistère, souvent transmise au public, afin que, tout de même Ingrid et les Otages ne tombent pas dans les oubliettes … Parce que – et cela un directeur de radio me l’a confié un jour - : ce qu’il faut aux médias, c’est du « nouveau » ! Et du nouveau, hélas, il n’y en a pas beaucoup si ce n’est sur le plan militaro-politique (en Colombie) ce qui ne manque pas de nous inquiéter très fort !
3) Pensez-vous que ces actions ont un impact sur l’évolution de la situation d’Ingrid Betancourt et des autres otages? Pourquoi ?
« Otages du Monde » a pour slogan : « Parlons d’eux, ils vivront, oublions-les, ils mourront »… La séquestration est une mort lente : vous disparaissez, vous n’existez plus pour vos proches, pour le reste du monde. C’est un système diabolique, pervers… Essayer de rencontrer d’anciens otages (voir Otages du Monde) : ils vous diront tous la même chose…
Si les otages savent que, quelque part dans le monde, des gens, des inconnus ne les oublient pas, alors… ils sont moralement sauvés car l’espoir renait !
S’il n’y avait pas cette médiatisation, Ingrid serait disparue depuis longtemps : franchement, le gouvernement de Colombie n’a pas intérêt à voir ré-apparaître une opposante qui, si elle revient,, reprendra sa lutte contre la corruption et elle sera suivie ! De surcroit, sa disparition disqualifie les FARC ! Pour ceux-ci, Ingrid a pris trop de valeur pour qu’ils ne souhaitent pas la maintenir en vie : elle est devenue une précieuse monnaie d’échange !
4) Pensez-vous que les comités de soutien apportent du poids à l’affaire Ingrid Betancourt notamment envers la société et les élus ?
Ce que je disais plus haut : la campagne « Citoyenne d’Honneur » contribue à donner une conscience « politique » (dans le bon sens du terme!) aux actions menées. Une municipalité qui vote une motion, c’est une majorité des citoyens de la commune qui s’investit au travers de ses élus !
De plus, cette cause dépasse les divisions politiques ou confessionnelles. Les « droits de l’homme » sont certainement une cause universellement reconnue qui vaut partout la peine d’être défendue… En retour, les prises de position en faveur d’Ingrid et des Otages, rappellent que les « droits de l’homme », c’est quelque chose qui est loin d’être acquis partout : et ça, c’est une très bonne chose pour nous tous : merci Ingrid !
5) Selon vous, les comités de soutien permettent-ils véritablement une plus grande médiatisation de l’affaire ?
Les Comités de Soutien sont très divers. Leur travail est le plus souvent un travail de fourmis ! C’est chaque fois une goutte d’eau dans l’océan de l’indifférence…
Et pourtant,…l’eau éteint le feu, use le granit : je ne lui connais pas de force plus importante (voyez les tempêtes, voyez les raz de marée !) : beaucoup de gouttes d’eau font des ruisseaux, qui font des rivières…etc.
Oui, assurément, ces actions multiples et diversifiées ont fait que l’affaire « Betancourt » ne peut être ignorée de personne. Elle a pris une ampleur médiatique et politique internationale !
Comme dit Marie Desplechin (écrivaine): « Déraisonnables amis d’Ingrid, c’est vous qui avez raison ! »
6) Une dernière question pour en savoir un peu plus sur vous : depuis combien de temps êtes-vous engagé(e) ? Dans quelle ville ? Et quel est votre rôle au sein du comité (responsable, membre, contact presse ou autre) ?
C’est parce que « France-Inter » a parlé de cette manifestation au Trocadéro en 2004 (voir plus haut) que j’y suis allé, que j’ai commencé à connaître Ingrid et son combat et, l’existence de 3 à 4000 otages en Colombie (Et pas seulement des FARC !) et que j’ai créé un Comité de Soutien… C’était à Sens (89).
Et maintenant, c’est à Henvic et Morlaix (29), d’autant plus responsable que je suis seul mais avec de nombreux contacts avec la Fédération Française, Otages du Monde et Amnesty International…
A présent, grâce à la médiatisation que nous avons voulu, nul ne peut ignorer l’ampleur du problème de la prise d’otages !
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Je reste à votre disposition pour tout complément d’information ( en particulier, documents, références, adresses)…
Ainsi, vous devez savoir que la sénatrice Yolande Boyer, avec d’autres sénateurs, vient de déposer un projet de loi concernant la reconnaissance de l’otage en tant que victime : les textes, jusqu’à présent,, ne lui reconnaissait pas ce statut !
La députée européenne, Marie-Arlette Carlotti, a proposé Ingrid pour le prix Nord-Sud : affaires à suivre...
Bonne chance à vous et plein de courage : votre choix nous encourage, votre détermination donne encore plus de valeur aux engagements et au courage de personne comme Ingrid. Merci !
Serge DELACOURT
Comité « Ingrid Betancourt » Henvic-Morlaix (29)
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