« COLOMBIE: LE NOIR ET LE BLANC, LE YIN ET LE YANG | Page d'accueil | LA SUFFISANCE D'UN GENERAL »

19 janvier 2008

RENCONTRE AVEC MELANIE

IL Y A QUATRE ANS: RENCONTRE AVEC MELANIE A PARIS

A quelques jours près, c’aurait pu être l’anniversaire de la tentative de coup d’état de l’extrême droite, en 1934.
Ou bien l’anniversaire de février 1962 : A l’époque où neuf manifestants furent tués par la police de Papon, alors Préfet de police.
1968 fut la dernière grande manifestation parisienne à laquelle je participai. J’émigrai ensuite en Bretagne où m’attendait un poste d’Interne en Médecine...
Et ce 22 février de l’année 2004, après des dizaines d’années silencieuses, je décidai de participer à la marche en faveur d’Ingrid BETANCOURT, au Trocadéro.
Il est 13 heures 55. La place du Trocadéro n’est pas noire de monde mais le rassemblement n’est qu’à 14 heures 30 : le temps de prendre tranquillement un « jambon - beurre » avec un grand café. Dans la brasserie, je me plais à imaginer que ces gens qui m’entourent sont également venus pour le rassemblement en faveur de la libération d’Ingrid BETANCOURT. A côté de moi, un groupe parle un langage que j’identifie pour être du russe : ce sont des touristes !
En face, le Musée de l’homm . Des expos : « MORTIMER A PARIS» et « PAUVRES DE NOUS , Emmaüs 1954 - 2004 » Et oui, cinquante ans déjà ! Cinquante ans que ma mère, répondant à l’appel de l’Abbé Pierre, nous envoyait collecter dans tout le quartier !
Le rassemblement se constitue sur le parvis des « DROITS DE L’HOMME », sous les paroles gravées de Paul Valéry : « Il dépend de celui qui passe que je parle ou me taise... »
De plus en plus de monde, des banderoles et des panneaux.
La « télé» est là.
Bien !...
Des hommes, des femmes, de toutes conditions, jeunes et vieux confondus, de toutes couleurs !
Là bas, en Colombie, 3000 personnes séquestrées sont détenues dans des conditions que nous ne connaissons pas ! 3000...C’est la population d’une petite ville. Reverront-elles, un jour, leurs maisons, leurs familles ?
Un mouvement autour de moi : toutes les caméras se centrent sur une personne qui vient d ‘arriver. C’est Mélanie Delloye, 18 ans, la fille d’Ingrid. Je me retrouve à moins de cinquante centimètres de la jeune fille : elle est pâle, émue... Nous aussi ! Si jeune, si fragile... A croire qu’elle va tomber. Tous ces gens autour d’elle ! Elle est l’objet de leur attention, de leur sympathie. Une jeune femme lui dit : « Courage, il faut tenir bon !... » Elle a la force de sourire.
Elle ressemble à sa mère : petit bout de femme dont le courage et la détermination feront enfin, un jour, bouger le monde.
Alors moi, le vieux, le retraité, je me dis qu’il est des choses pour lesquelles le combat n’est jamais fini, qu’en lui - même il donne la vie ( vital, vitalité ) non seulement aux personnes concernées - ici les séquestrés de Colombie - mais aussi à celles qui le mènent. Je suis vieux, certes, mais je reprends ma place, je repars, je ramasse mon sac, pas si lourd que ça finalement : je ne l’avais posé que pour souffler un peu !